
TRADUCTION DE L’ESPAGNOL par Lauréline Fontaine
ARTICLE de LAURA GUTMAN en langue originale sur https://lauragutman.com.ar/
Depuis l’origine des civilisations patriarcales, les êtres humains ont cru que la vie était une lutte et que des ennemis nous guettaient de toutes parts. C’est ainsi que nous avons organisé d’innombrables guerres et catastrophes, dans le but de dominer l’autre et de nous sauver nous-mêmes.
Quelle est la racine de ce malentendu millénaire ?
La peur.
Et comment s’installe la peur ?
Elle s’est enracinée dans notre enfance, lorsque nous ne nous sommes pas sentis suffisamment aimés ni protégés.
La peur est une émotion utile — dans bien des cas — mais dans d’autres, elle nous laisse totalement infantilisés, sans discernement, exposés à la manipulation et à la tromperie. Justement parce qu’elle nous renvoie automatiquement à des expériences primaires.
Aujourd’hui, la circulation instantanée de l’information facilite les mensonges collectifs, qui s’enracinent dans l’absence de bon sens que nous traînons depuis des temps très anciens.
Que se passerait-il si, chaque jour, les journaux du monde entier publiaient les chiffres des morts liés aux maladies ?
Chaque année, 60 millions d’êtres humains meurent sur notre planète Terre.
Près de 10 millions meurent du cancer.
Environ 20 millions de maladies cardiovasculaires.
D’autres millions à cause du diabète, de l’obésité et des complications associées.
Nous sommes presque tous malades, même si beaucoup d’entre nous ne mourons pas immédiatement.
Est-ce une catastrophe ?
Oui, bien sûr.
C’est le signe que nous vivons mal, que nous polluons la planète, que nous nous intoxiquons avec de la malbouffe, des farines, du sucre, des produits laitiers, des médicaments, des drogues, de l’alcool, de la colère et du mal-être.
À mes yeux, voilà le véritable désastre humanitaire auquel nous devons faire face, même s’il ne fait pas la une des journaux.
Nous devons changer radicalement de paradigme.
Changer notre alimentation, adopter d’autres systèmes de médecine, éduquer différemment, nous relier différemment, nous informer autrement.
Nous ne résoudrons aucune pandémie en nous isolant ni en nous confinant chez nous.
Au contraire, c’est par la coopération sociale — car elle est, et a toujours été, la clé de la prospérité — que nous pourrons avancer.
Nous devons retrouver la confiance dans notre communauté, contrairement à ce que nous faisons actuellement : considérer nos voisins comme des ennemis potentiels qui pourraient nous nuire.
Les virus ne sont pas dangereux.
C’est nous qui sommes immunologiquement affaiblis de manière dramatique.
La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons changer, évoluer vers une vie plus équilibrée, purifier notre organisme de toute la toxicité accumulée et rétablir l’ordre, tant physique que spirituel.
Les mesures gouvernementales émanent de la même peur et de la même inconscience que celles de la population.
Nous constatons que — comme conséquence de l’enfermement — nous allons être tous un peu plus malades.
Parce que la vie sociale est saine.
Travailler et se déplacer est sain.
Avoir des projets de vie est sain.
Circuler librement est sain.
S’amuser est sain.
Partager est sain.
La peur nous pousse à faire quelque chose d’insensé, digne d’un monde à l’envers : nous avons emprisonné les enfants.
Paradoxalement, les chiens ont le droit de se promener dans la rue.
Les enfants sont des êtres en mouvement, et nous, les adultes, sommes responsables de leur bien-être.
C’est pourquoi, en ces temps de restrictions extrêmes, il est urgent de trouver des ressources créatives pour qu’ils puissent courir, sauter, grimper, s’exprimer, avant qu’ils ne s’affaiblissent par manque d’espace ou de stimulation physique.
Il est aussi indispensable — maintenant plus que jamais — de les nourrir avec des aliments physiologiques, et évidemment, avec toute notre capacité à les aimer de la manière dont ils en ont besoin.
C’est une opportunité pour changer vraiment.
Nous sommes nés en équilibre, et il est temps d’honorer notre santé.
Il n’est pas nécessaire de lutter contre quoi que ce soit.
Au contraire, il s’agit de retrouver notre harmonie originelle.
Laura Gutman
