
La Peur et la Blessure :
le Mode Survie
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Un jour j’ai décidé que mon fils n’irait plus à l’école, ce jour-là, je ne me suis jamais sentie aussi libre. Il y a eu cette sensation de liberté pure qui m’a traversé et que j’ai ressentie chez lui aussi. Une vraie joie. Un instant de grâce. Cela m’a fait comprendre que quand je suis alignée à moi même, tout est simplement juste. Je ne dois renverser ni brûler personne. Je peux juste faire mes propres choix en les assumant pleinement.
Une belle expérience je vous l’accorde. Mais j’ai eu bien souvent beaucoup de mal à m’aligner et à m’assumer parce que la peur de ne pas plaire n’est jamais loin. La peur d’être rejetée à cause de mes idées m’a souvent fait réagir au quart de tour pour me sauver des flammes de la souffrance d’être laissée pour compte, abandonnée. La Biographie Humaine m’ a permis de regarder toutes ces peurs du passé et de m’en occuper consciemment. Les détecter et les remettre dans leur contexte. Un travail quotidien pour remplacer mes réactions automatiques par des actions conscientes. Avec le temps, j’ai commencé à intégrer tout ce que je n’intègrais pas. Aujourd’hui, je peux détecter ma peur.
La peur se ressent dans le corps. Je la sens, je peux la reconnaître. Ensuite, je peux me rendre compte que cette peur qui me paralyse le corps vient du passé. La peur est intemporel, elle ne connaît pas le temps. Pour comprendre de quoi j’ai peur, je dois retourner plonger dans ce qui m’est arrivé dans le passé, c’est-à-dire , dans mon enfance. C’est loin d’être un exercice agréable, mais le pire est passé. Aujourd’hui, la situation qui me met dans ce même état de peur est différente parce que je n’ai plus 5 ans, parce que je suis adulte. Parce que je peux respirer, comprendre la situation, comprendre que la personne avec qui j’interagis à ses propres peurs et ses croyances. Je peux m’aligner sur qui je suis en toute sécurité et écouter la réponse de mon cœur. Me connecter à mon intuition. Oui la peur est physiquement là mais quand je la remet dans son contexte primaire, elle ne me fait plus trébucher dans mon présent. Je comprends que c’est la petite fille de 5 ans qui meurt de peur de rester dans le noir ou de se faire réprimer parce qu’elle a cassé un verre. À présent adulte, je peux me lever et aller allumer la lumière du couloir par exemple. De même qu’aller prendre la ramassette et ramasser les débris. Adulte, je comprends qu’un verre cassé, n’est qu’un verre cassé. Malgré que dans mon passé un verre cassé a eu de lourdes de conséquences émotionnelles, à l’heure actuelle, un verre cassé est un verre cassé. Ou encore, si quelqu’un vient me questionner sur le fait que la lumière du couloir est allumée, je peux lui répondre que j’aime que la lumière du couloir soit allumée. Je sais que je n’ai pas besoin de lui hurler à la figure pour me justifier, pour me faire accepter. Je suis et tout va bien.
La constante peur de souffrir régit notre quotidien. Chaque petit détails du quotidien vient effleurer notre blessure ouverte au cœur meurtri. À peine touchée, la blessure saigne. Le système d’alerte est déclenché. Alerte rouge! Branle-bas de combat!
Nous passons notre temps à nous efforcer pour que les choses soient comme nous voudrions qu’elles soient. La moindre contrainte fait voler en éclat notre pauvre château de carte. La peur nous assaille à chaque clin d’œil comme une mauvaise blague. Et nous croyons que tout cela est violemment normal. Quand nous avons peur, le cerveau réagit et il y a trois réactions possibles: attaquer, fuir ou faire le mort.
L’ attaque
Dans une logique de moi d’abord, faire tout pour me sauver, moi, d’abord. Si j’attaque en premier personne ne pourra me faire de mal. Parce que j’ai peur que l’on m’agresse, j’agresse en premier. Parce que n’importe quelle action est perçue comme une menace, j’agresse quiconque ose approcher mon territoire.

Faire le mort/ se figer
Dans la même logique du “moi d’abord”, si je fais le mort, je serai inaccessible. Je n’aurais pas mal. Parce que j’ai peur d’avoir mal, je fais le mort pour ne pas sentir ma souffrance. Quiconque s’approchera de mon territoire n’y trouvera rien et s’en ira.Et moi je régnerai sur mon désert de solitude à l’abri de toutes souffrances.

Fuir
Encore une fois dans la logique du “moi d’abord”, fuir me donnera l’illusion que le mal ne m’attendra pas parce que je m’en serai tellement éloigné que tout ira bien. Je fuis physiquement ou mentalement en me racontant que la vie est merveilleuse et que tout va bien. Je fuis ma réalité émotionnelle parce que j’ai peur. J’ai peur de perdre ce que je n’ai jamais eu, j’ai peur de ne pas être aimé.

Automatiquement je nourris exactement ce que j’essaie de fuir. Parce que je ne le comprends pas et que je réagis au lieu d’agir de façon consciente et centrée. Mais évidemment, j’ai toujours une bonne raison pour justifier mes actes. Je me défends encore et encore.
Dans l’histoire du désamour, nous avons appris à nous satisfaire de miettes d’Amour et c’est pour ces miettes que nous déployons des efforts gigantesques dans l’espoir qu’une miette tombe dans nos mains. Mais c’est peine perdue, l’Amour espéré de notre enfance ne reviendra jamais parce que le temps est révolu… par contre, aujourd’hui, nous pouvons porter un regard plus ample sur notre propre enfance et intégré ce manque d’amour.
Pour baisser la garde, il nous faudra comprendre que nos interactions ne sont pas des attaques permanentes. Que la peur de souffrir est réelle mais qu’elle n’est pas de ce temps-ci, qu’aujourd’hui personne ne peut plus me faire du mal parce que je suis adulte. Ce qui est passé est justement passé.
La vie humaine est complexe. L’aborder juste par une de ces facettes nous permet de comprendre mentalement mais il nous faut avoir à l’esprit que nous n’abordons qu’une partie qu’il faut conjuguer avec l’ensemble complexe qu’est l’être humain. C’est pourquoi, il est inutile de généraliser ou d’essayer de classifier des types de comportements. Par contre, les reconnaître et les conjuguer entre eux nous permet d’avoir un plus ample regard sur comment fonctionne le personnage adapté par le consultant. En Biographie Humaine, nous parlerons d’un personnage guerrier qui aura tendance à partir à l’attaque. L’attaque sera sa principale réaction face à ces peurs. Une réaction qui sera souvent décalée puisque l’impulsion de la réaction à sa racine dans le passé. Le passé réagit au présent. Le corps vibre de toutes ses émotions passées.
Il existe toute une série de scénarios desquels découlent différents personnages. C’est pour comprendre leurs logiques que la Biographie Humaine utilise des images de scénario desquels découle un personnage. Chaque histoire est unique, chaque personnage malgré sa logique reste unique en son genre mais il est toujours né du scénario duquel il provient.
Finalement, nous avons peur de perdre quelque chose que nous n’avons jamais eu. Quand nous comprenons que ce qui est passé ne reviendra pas et que ce qui est présent déterminera le futur, nous pouvons enfin prendre notre vie en main et décider quel chemin sera le nôtre.
